Dans une déclaration parue jeudi dernier, certains syndicats nazairiens accusent le Rassemblement national (RN) d’œuvrer à leur disparition, à la suite d’un de nos votes en séance du conseil municipal de Saint-Nazaire, le 25 septembre dernier. Qu’ils commencent par écouter notre intervention dans son intégralité, dans laquelle j’ai rappelé que nous défendions un syndicalisme libre, indépendant des partis, et encouragions la création facilitée de nouvelles organisations syndicales. Présenter cette position comme une volonté de supprimer les syndicats relève donc du procès d’intention.

Notre groupe d’élus, Renouvelle-toi Saint-Nazaire !, s’est abstenu sur cette délibération. Nous avons rappelé le principe de l’indépendance syndicale à l’égard des appareils politiques, affirmé par la charte d’Amiens de 1906, fondement du syndicalisme français. Nous défendons la liberté syndicale ; nous contestons donc son instrumentalisation partisane. Si les syndicats ne respectent pas leurs propres bornes, nous n’y pouvons rien.

Par leur dernière déclaration, ces syndicats démontrent une fois de plus, que nous avons raison. Ce sont des défenseurs du syndicalisme quand cela les arrangent, car, en combattant le RN, ils combattent en fait les millions de travailleurs qui votent pour nous. Quant au maire de Saint-Nazaire, il préfère dénoncer une prétendue agression antisyndicale plutôt que répondre sur le fond. En quoi défendre le pluralisme syndical serait-il une attaque contre les salariés ? L’indignation ne dispense pas d’argumenter.

Le conseil municipal de Saint-Nazaire mérite mieux que ces mises en scène. Les salaires, les conditions de travail et la défense des droits des salariés sont des sujets trop sérieux pour être réduits à un concours de postures.

En revanche, le maire de Saint-Nazaire devrait faire preuve de davantage de retenue lorsqu’il donne des leçons de défense des travailleurs. Pour rappel, il soutient un candidat à la Présidence de la République au sujet duquel, une note de son équipe de campagne classait les Français gagnant moins de 1 500 euros par mois parmi les « cibles à éviter ».

Le RN ne conçoit pas ainsi le peuple comme un marché. Il ne conçoit pas davantage les travailleurs comme la chose des syndicats. Que chacun s’en rappelle…

Adam Chauvel-Huz