Sécurité et logement sont les deux priorités du programme du candidat du Rassemblement national aux municipales à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Julio Pichon mesure les craintes que le RN suscite. Lui préfère parler de renouvellement plutôt que de chamboulement.

Ouvrir le programme de Julio Pichon et lire le premier thème : sécurité et tranquillité. Fallait-il s’attendre à autre chose de la part d’un candidat du Rassemblement national ? Julio Pichon, qui mène la liste Renouvelle-toi Saint-Nazaire !, assume. Il n’y a rien de caricatural dans ce choix de commencer par ce thème : « La sécurité, c’est la base et ma priorité des cent premiers jours si je suis maire. » Il lancera sur-le-champ la procédure d’embauche de douze policiers municipaux pour passer à 35 agents sur le terrain et des patrouilles jour et nuit. Des policiers municipaux équipés d’armes létales. Leur travail ne sera de pas de verbaliser le stationnement, mais de mettre la pression sur le trafic de stupéfiants. Je sais bien que les policiers municipaux n’effraient pas les dealers, en revanche les patrouilles peuvent dissuader les acheteurs. Ce fléau de la drogue résonne dans l’histoire familiale de Julio Pichon. Sur beaucoup de sujets du programme, le Nazairien fait référence à des expériences personnelles ou des mesures déjà mises en place par des mairies RN. Il créera, lui aussi, un centre de supervision urbain (CSU) pour visionner 24 heures sur 24, sept jours sur sept les images des caméras. Des bornes d’appel d’urgence devant chaque sortie d’école, de collège et de lycée seront reliées à ce CSU.

Recruter à la police municipale, pour les patrouilles et le CSU, relèvera les charges de personnel alors que l’argent se fait rare. Notre projet respecte le budget communal. On ne cherche pas à cramer la caisse. Le candidat s’engage à ne pas augmenter la taxe foncière. Je renégocierai les contrats avec les fournisseurs de la Ville pour réaliser des économies.

Le logement social, en priorité aux parents qui travaillent

Rien d’étonnant à ce que cet agent immobilier place très haut dans son programme la question du logement. Julio Pichon défend le bon sens dans l’attribution des logements sociaux, sans pousser des bénéficiaires dehors. La tête de liste RN assure que les locataires étrangers ne seront pas exclus. Des logements sont sous-occupés. Des gens seuls ou en couple réclament un appartement plus petit. En face, des familles patientent pour obtenir plus grand. Il est aberrant de ne pas faciliter l’échange. Il constate aussi des abus de sous-location de logements sociaux à des travailleurs détachés. Dans les attributions par le bailleur social, Julio Pichon priorisera les familles dont les deux parents travaillent ». Ce même profil de parents actifs aura aussi la priorité sur les places en crèche, en garderie et en centre aéré.

Le candidat RN propose des colocations publiques pour seniors et des colocations étudiantes dans des logements sociaux. Les locataires partagent les frais et on rompt l’isolement ». Pour les travailleurs de passage, il pense installer des conteneurs aménagés en logements. Parfois, ils sont plus confortables que des chambres louées en ville. Son autre idée est d’autoriser sans contrainte des propriétaires à transformer des locaux commerciaux vides en habitations « en levant l’obligation de proposer une place de stationnement ». Julio Pichon espère relancer le marché du locatif. On ne trouve rien à louer ou alors c’est très cher. Pour baisser les prix, il privilégie la hausse de l’offre des biens. Le plafonnement des loyers ne ferait que freiner les investisseurs à faire du locatif.

Aller démarcher les futurs médecins à la fac

Son côté commercial ressort à propos du manque de médecins. Nous démarcherons les futurs médecins dans les facultés. Il est défavorable au salariat municipal de médecins. Il promet la création de cabinets de santé dans tous les quartiers ». Comment Saint-Nazaire réussirait à attirer là où beaucoup de communes échouent ? Nous aménagerons des cabinets dans des rez-de-chaussée d’immeubles. Le loyer pour le professionnel de santé sera modéré le temps qu’il se fasse une patientèle et une trésorerie. Après, il paiera un loyer classique, argumente le candidat.

Une piscine en mer

C’est un credo de Julio Pichon : Je veux remettre de la vie à Saint-Nazaire. Pour appuyer cette volonté, il développe des idées de proximité, de vie locale, d’attractivité. Car le monde attire le monde. Il reprend une proposition électorale non réalisée par David Samzun : Une piscine naturelle marine intégrée à l’océan, en face de la place du Commando. Julio Pichon liste encore un bac pour piétons et cyclistes entre Saint-Nazaire et Saint-Brevin, et des lignes maritimes vers Noirmoutier, Yeu, Belle-île, d’avril à octobre. Ce n’est pas un gadget. Je veux amener des touristes. Dans les quartiers, il ira démarcher des camelots pour relancer des marchés. Le front de mer accueillerait un carnaval. Le marché de Noël et la patinoire éphémère déménageraient place de l’Amérique-Latine, la fête foraine à côté. Le boulevard devant la base sous-marine serait piéton pendant les trois semaines des fêtes de Noël. Et pour attirer des consommateurs vers le centre-ville, sans utiliser la voiture, le bus coûterait 1 € par jour le week-end.

Charte de laïcité non signée = pas de subvention

Un Julio Pichon devenu maire remettrait-il en cause certaines subventions ? On ne sucrera des subventions à personne. Mais une condition s’imposera : Les associations devront signer obligatoirement une charte de laïcité. L’argent public ne doit pas financer le communautarisme, un parti politique, un syndicat ou une religion. Il prône les mêmes subventions pour les écoles privées et publiques. Un gamin est un gamin. Pourquoi les différencier ?

Quelle première mesure en cas de victoire ?

C’est davantage une démarche qu’une mesure. Car si le RN gagne, Julio Pichon s’attend à affronter des résistances. Je rencontrerai les syndicats de la Ville. Je sais qu’ils ne m’aiment pas. Je ferai le tour des services en respectant chacun. Notre projet est de développer Saint-Nazaire, par des changements certes, mais pas en démontant tout. Julio Pichon tente de faire passer le message d’une forme de respectabilité et d’une rupture politique en douceur, non brutale. Renouvelle-toi Saint-Nazaire ! le nom de sa liste, traduit ce choix lexical soft. Les anti-RN ne le croiront pas. Le candidat craint une manif, dans la rue, dès le soir du premier tour, le 15 mars.

Christophe Jaunet

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