
Ce jour, j’ai décidé de saisir la justice administrative pour contester officiellement l’opération de relogement d’une soixantaine de personnes rue de la Papotière, à Nantes décidée par la présidence de Nantes métropole. En tant que citoyen et contribuable, je refuse que des décisions pénalisant lourdement notre budget et notre cadre de vie soient prises dans l’opacité la plus totale.
Ce recours est clair et fondé en droit. Les Nantais ont le droit de savoir combien coûte réellement ce relogement bien opportun. Après le précédent de la prairie de Mauves (80 millions d’euros estimés), le silence de la collectivité sur l’usage de nos impôts pour cette opération n’est pas acceptable. Je précise que le droit à la transparence financière est un principe à valeur constitutionnelle, puisque les articles 14 et 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui s’y réfèrent sont intégrés dans le bloc de constitutionnalité. Johanna Rolland est donc dans l’obligation d’en informer les Nantais.
De plus, ce transfert massif, imposé sans aucune concertation avec les riverains, crée un trouble manifeste à l’ordre public. Entre la fermeture forcée de la rue de la Papotière, les nuisances sonores et les rassemblements à venir, la municipalité faillit, comme bien souvent, à sa mission de protection des habitants. C’est un manquement grave aux obligations du maire en matière de sécurité et de tranquillité publique.
Enfin, il convient d’observer que ce transfert, décidé sans aucune nécessité vitale, s’apparente davantage à un « renvoi d’ascenseur » politique. Ce relogement intervient étrangement au lendemain d’une manifestation de pression de cette communauté à la veille du premier tour de l’élection municipale ; manifestation de pression fortement soutenue par les forces politiques présentes aux responsabilités aujourd’hui ou en soutien à ces dernières. La puissance publique ne doit pas servir de monnaie d’échange électorale.
Comme beaucoup de Nantais, je refuse qu’en s’installant illégalement, on obtienne par la pression ce que des milliers de Nantais attendent honnêtement par les voies légales. C’est une rupture d’égalité insupportable. Par ce recours, je demande l’annulation de la décision, la réouverture immédiate de la circulation et la publication détaillée des coûts engagés par Nantes métropole.
Sur ce même thème
