
La fermeture pendant plusieurs jours, ces dernières semaines, des urgences de l’hôpital privé du Confluent, à Nantes, est une nouvelle illustration de la dégradation de notre système de santé. Dans la métropole nantaise, comme partout en France, les Français subissent les conséquences des politiques menées depuis des décennies et conduisant ainsi à la dégradation de la qualité des soins.
Si la fermeture des urgences est liée au manque de personnel soignant, il est primordial de s’interroger sur les raisons de cette pénurie. Cela fait des années que les conditions de travail des soignants ne cessent de se détériorer. Dans le même temps, de plus en plus d’étudiants abandonnent leurs études avant même l’obtention de leur diplôme. Les difficultés qui découragent certains futurs soignants sont souvent les mêmes que celles qui poussent des professionnels expérimentés à quitter le métier, ou qui les font sombrer dans l’épuisement professionnel.
Les causes de cette pénurie sont aujourd’hui connues : depuis des années, une logique budgétaire et comptable s’impose progressivement, aussi bien dans l’hôpital public que dans les structures privées, reléguant peu à peu l’humain au second plan. Il en résulte des conditions de travail de plus en plus difficiles pour les soignants, avec des conséquences directes sur la qualité de la prise en soins des patients.
Cette situation est inacceptable. La santé des français ne peut être sacrifiée pour des raisons budgétaires.
Il est à présent urgent d’agir. D’agir vraiment.
D’abord, le recrutement de personnel soignant est indispensable, mais il ne pourra se faire sans un rétablissement de l’attractivité des métiers du soin, aujourd’hui fortement dégradée. L’État peut et doit encourager les vocations, sur le même modèle que l’incitation à s’engager dans l’Armée.
Ensuite, la qualité des soins prodigués ne peut pas être une option. Des ratios soignants/soignés devraient donc être rendus obligatoires dans tous les services de soins.
Enfin, la rémunération du personnel soignant doit naturellement être revalorisée. Ce n’est que du bon sens.
La situation récente de Urgences du Confluent révèle une crise profonde, et des choix nécessaires, au niveau national. C’est avec ce type de choix que nous rendrons aux Français l’accès à une offre de soins digne.
Victorien Tiger
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